ENJEUX SUR LES MILIEUX

ENJEUX SUR LES MILIEUX

Compte tenu des conditions énoncées, le Morvan recèle des milieux spécifiques ou dans des états de conservations rarement atteints dans le reste de la Bourgogne. Trois grandes catégories se distinguent. Elles sont basées sur la combinaison :

  • de la rareté, de échelle européenne à régionale

  • des potentialités de mutations à court et moyen terme : évolution « naturelle » rapide tel l’enfrichement des prairies, des pelouses, destruction directe (coupe rase et enrésinement) ou indirecte (assèchement des zones humides, eutrophisation).


L’élaboration d’une politique précise et efficace sur les milieux naturels passe nécessairement par la réalisation d’une cartographie des habitats du PNRM.

Milieux rarissimes - enjeu supranational

Il s’agit notamment des milieux prioritaires de la Directive Habitat à savoir :

  • les tourbières (DH 7110) et leurs formations boisées (DH 91DO),

  • les forêts de ravins (DH 9180).

Ces milieux très circonscris sont déjà recensés (ZNIEFF, Plan de Parc, sites NATURA 2000) mais l’extension du périmètre du PNRM impliquera des prospections complémentaires pour les forêts de ravins. Ces milieux très stables sur le plan dynamique on par ailleurs peu de risques de dégradation directe.
Il font néanmoins actuellement l’objet de pressions ponctuelles (cf. vallée de l’Oussière, l’amont du Saut du Gouloux sur la Cure) qui doivent inciter à prendre des mesures de protection stricte afin de parer à toute éventualité de disparition car chaque site est unique et irremplaçable.

Objectif du PNR 2017 : tous les sites connus font l’objet d’une mesure stricte de protection.

Apport possible CBNBP : cartographie fine des habitats et des espèces végétales patrimoniales, propositions de gestion, aide à la réalisation de dossiers, suivi habitats/espèces.

Milieux reconnus comme rares en Bourgogne mais fréquents en Morvan

Deux grands ensembles sont concernés :

  • le vaste complexe des milieux humides, des végétations aquatiques aux forêts marécageuses en passant bien évidement par les systèmes tourbeux et paratourbeux, qui fait que le Morvan est reconnu comme zone humide d’importance nationale,

  • les forêts sur sols sains en particulier les Hêtraies acidiphiles à acidiclines du domaine atlantique.

L’enjeu est ici la préservation de la fonctionnalité des écosystèmes par le maintien d’un réseau cohérent, sachant que ces milieux sont sujets à des pressions multiples et souvent intenses car il s’agit principalement d’espaces agricoles et forestiers.

Concernant le complexe de milieux humides, leur large représentation dans le Morvan permet encore d’assurer une bonne fonctionnalité d’autant plus que dans la variété des usages, l’exploitation extensive ou la non gestion sont courantes. Les sites majeurs sont déjà recensés (ZNIEFF, Plan de Parc, sites NATURA 2000) mais ils ne représentent guère plus de 10% de la totalité des zones humides.

Objectif du PNR 2017 : mettre en œuvre une déclinaison locale du plan de sauvegarde des zones humides.

Apport possible CBNBP : hors sites NATURA 2000 et ZNIEFF, affiner la cartographie des zones humides réalisée par la DIREN tant sur les plan de la précision géographique que de l’identité des milieux (types, état de conservation) pour la rendre opérationnelle, de l’action fine de terrain à la programmation stratégique (agri-environnement, …).

Pour les espaces forestiers, il se surimpose à un passé sylvicole n’ayant que très rarement laissé des forêts dans un bon état de conservation, une artificialisation qui ne cesse de progresser malgré les diverses tentatives. Ainsi, la hêtraie au stade climacique ne concerne qu’une part très faible de son potentiel (moins de 10% estimé). Si l’on se focalise sur la hêtraie montagnarde, les enrésinements de la deuxième moitié du 20ème siècle aussi bien dans le Morvan que dans le Clunisois et les Monts du Beaujolais font qu’il s’agit d’un milieu réellement en voie de disparition en Bourgogne.


Milieux rares en fort déclin ou/et à restaurer

Il s’agit principalement d’habitats ayant subit les mutations de l’agriculture au cours du 20ème siècle à savoir l’abandon de la pratique du parcours, l’intensification des pratiques de fertilisation, l’abandon de certains espaces difficiles.

Parmi les milieux en fort déclin

  • les vielles prairies de fauche exclusive sans apport d’intrants sont devenues exceptionnelles. Il serait particulièrement intéressant de développer un réseau représentatif de parcelles à titre de témoin mais aussi pour un suivi agropastoral.
  • les landes sèches dont il ne reste pratiquement plus que des formations secondaires (bords de routes et chemins) appauvries et quelques rares localités primaires sur éperons rocheux souvent en cours de colonisation par la forêt devraient faire l’objet d’un plan de sauvegarde et de restauration


Parmi les milieux à restaurer
  • Permettre le retour des prairies/pelouses oligotrophes constitue un enjeu de restauration tant en terme de milieux que d’espèces. En effet, Antennaria dioica (L.) Gaertn. et Botrychium lunaria (L.) Sw., disparues aujourd’hui de Bourgogne s’exprimaient par le passé dans les secteurs de terrains acides et dont les sols sont les plus squelettiques dans des pâtures maigres aujourd'hui artificialisées ou labourées.
  • réaliser un plan de restauration des tourbières dégradées (Montbé constitue une expérimentation indispensable pour appréhender les capacités de regradation ) hors sites NATURA 2000
  • poursuivre l’expérimentation de Montour sur la restauration des prairies paratourbeuses afin d’acquérir un savoir faire et une compréhension pratique de la dynamique de végétation et ainsi être en mesure de répondre à une problématique de déprise importante le cas échéant.

Parc naturel régional du Morvan, Maison du parc 58230 SAINT-BRISSON - Tél : 03.86.78.79.00