Milieux naturels | Ressources en eau

RESSOURCES EN EAU

La « GEstion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations » (GEMAPI)

La loi MAPTAM du 27 janvier 2014 et LA LOI NOTRe du 7 août 2015 introduisent une nouvelle compétence obligatoire au bloc communal avec transfert automatique aux EPCI au 1er janvier 2018 : la « GEstion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations ». Les communautés de communes devront transfèrer cette compétence à un organisme de gestion de basin versant (Syndicat de communes, EPTB…).

Le Parc naturel régional du Morvan agit déjà sur un territoire hydrographique cohérent pour le bassin Yonne amont-Cure-Cousin :
- Le Parc assure l’animation territoriale pour le Contrat Global Cure – Yonne depuis 2000.
- Il bénéficie d’une Déclaration d’Intérêt Général pour assurer les travaux d’entretien nécessaires à la sécurité des pratiquants de sports d’eau vive sur les parties navigables du Chalaux et de la Haute-Cure.
- Il assure la gestion de zones humides de têtes de bassin, importantes pour leur biodiversité et leur rôle dans l’alimentation des cours d’eau.
- Il est aussi l’animateur de plusieurs zones Natura 2000 et du programme LIFE+ dont les enjeux prioritaires sont liés à l’eau et aux zones humides.

C’est pourquoi, avec l’accord des services de l’Etat et de l’Agence de l’Eau , le syndicat mixte de Parc propose aux collectivités concernées de prendre cette compétence. Les démarches sont en cours pour une mise en place dès le début de l’année 2016.

Depuis le 1er janvier 2016, par arrêté du Préfet de Région et après avoir consulté les communes, le PNR du Morvan se voit confier la compétence Gestion des Milieux aquatique et Prévention des Inondations. Le territoire de compétence s’étend sur les bassins de l’Yonne-amont, de la Cure et du Cousin. Il comprend 118 communes, dont la très grande majorité est adhérente au contrat global Cure-Yonne. Cette nouvelle compétence va permettre de gérer pour les communes des travaux d’entretien parfois nécessaires, et de poursuivre les actions globales de protection des milieux aquatiques.

L’eau est une ressource fragile


Le Morvan, massif de moyenne montagne abondamment arrosé par la pluie venant de l’Ouest, possède un réseau hydrographique particulièrement dense.
Chacun d’entre nous peut le constater en parcourant les innombrables vallées et vallons qui l’entaillent. Plus de deux mille kilomètres de cours d’eau irriguent le Morvan. Ils ont une grande importance dans l’alimentation du bassin de la Seine et, dans une moindre mesure, du bassin de la Loire.
Aujourd’hui, plus que jamais, l’état des milieux aquatiques, reflet de la qualité générale de notre environnement, se doit d’être maintenu et amélioré.

Mis en place en 1993 par le Parc naturel régional du Morvan, l’Observatoire de la Qualité des Eaux du Morvan est une étape importante pour la réalisation de cet objectif.
Le réseau de mesures qui le constitue a permis d’établir un état des lieux de la qualité physico-chimique et biologique de nombreux cours d’eau jusque là peu ou pas étudiés. Les meilleurs d’entre eux ont permis d’établir de précieuses références qui nous permettront, d’une part de ne pas oublier la richesse de ce patrimoine naturel, et d’autre part de guider et d’évaluer les opérations de réhabilitation des milieux aquatiques.
Cette qualité et richesse se traduisent notamment par une faune invertébrée très variée. Ainsi sur les 135 groupes d’invertébrés utilisés pour la détermination de la qualité des eaux, 118 sont présents dans les cours d’eau du massif. D’autres bio-indicateurs tels que l’écrevisse à pieds blancs et la Moule Perlière sont également bien représentées.
L’Observatoire est aussi un outil de suivi à long terme de la qualité des rivières, complétant les réseaux de mesures existants, comme le Réseau National de Bassin, le Réseau Hydrobiologique et Piscicole, ou le réseau lié à la Directive Cadre sur l’Eau. Il intègre également un suivi des grandes retenues artificielles.

Au terme des dix premières années de l’Observatoire, cinq grands lacs ont été étudiés, plus de neuf cent mesures de qualité des cours d’eau réparties sur quatre-vingt-trois stations ont été réalisées. Cependant, le réseau de mesures qui constitue l'Observatoire, bien que dense, ne peut prétendre donner une image complète de la qualité de l'ensemble des cours d'eau.
Conformément aux objectifs de la Charte du Parc naturel régional du Morvan, cet outil de connaissance scientifique et de gestion est reconduit pour les années à venir, afin de compléter les données.

Le bilan réalisé au terme des dix premières années de l’Observatoire montre un état globalement satisfaisant de la qualité physico-chimique des cours d’eau du Morvan. Cependant, même si 90 % des stations respectent l’objectif de qualité assigné par les Agences de l’Eau, la majorité des cours d’eau montre la trace de perturbations parfois difficilement identifiables. Les analyses hydrobiologiques montrent, quant à elles, une qualité très bonne la plupart du temps, même sur des cours d’eau où la qualité physico-chimique n’est pas optimale. Cela montre la forte capacité biogènique des cours d’eau, liée notamment au bon état général de l’habitat pour la faune (rivières peu modifiées par l’homme).


Les causes des principaux problèmes constatés

  • la mauvaise qualité des eaux en été à l’aval des barrages-réservoirs, lorsqu’elles sont restituées par des vannes de fond. Les eaux sont alors peu oxygénées et concentrées en ammonium, fer et sulfures. Cette dégradation est sensible surtout à l’aval des lacs de Saint-Agnan, Chamboux et Chaumeçon dans une moindre mesure.
    L’utilisation de vannes intermédiaires, plus éloignées du fond, permettrait d’atténuer la pollution. Ce procédé, utilisé sur le lac des Settons depuis 1991, a permis de remonter la qualité de la classe 3 (mauvaise) à la classe 1B (bonne). Malheureusement, les barrages en question ne possèdent pas de vannes intermédiaires permettant le même type d’opération.

  • la faible quantité d’eau à l’aval des barrages-réservoirs (débit réservé). Le débit restitué en aval des barrages est plus faible que le débit entrant. Une part variable de l’eau stockée est évaporée, exportée pour l’alimentation en eau potable ou déportée de quelques kilomètres à l’aval pour la production hydroélectrique. Sa restitution peut être également différée dans le temps.
    Les impacts sont particulièrement importants dans le cas du barrage du Crescent. La Cure, entre ce dernier et l’usine hydroélectrique de Bois de Cure, est court-circuitée sur environ huit kilomètres. Le débit restitué est de 0,250 m3/s, alors que le débit moyen annuel entrant dans le lac est de 9,2 m3/s. Il en résulte sur ces huit kilomètres un colmatage assez fort du lit de la rivière.

  • le dysfonctionnement de réseaux d’eaux usées sur certaines bourgades (Château-Chinon, Lormes), et des stations d’épuration manquant d’efficacité (Avallon) Des projets d’amélioration de ceux-ci se mettront en place.

  • les unités collectives de traitements des usées, lorsqu’elles se rejettent dans des cours d’eau trop petits pour diluer l’effluent. C’est malheureusement un cas fréquent sur les petits hameaux en têtes de bassin, ou la solution de l’assainissement autonome doit être privilégiée en priorité.

  • les rejets directs non traités, représentant peu de cas inquiétants.

  • le mauvais fonctionnement physico-chimique des grands lacs, véritables pièges à matières en suspension et à nutriments. Ces réservoirs en sont d’autant plus sensibles à la pollution diffuse agricole et domestique.

  • de nombreux problèmes thermiques (augmentation de la température moyenne estivale) particulièrement dommageable aux espèces piscicoles typiques du Morvan, aux écrevisses pieds blancs et aux Moules Perlières. Ils sont dus en majorité aux effets des étangs, trop nombreux sur les têtes de bassin, et aux travaux d’élimination de la ripisylve en parcelle agricole.

  • enfin, des études récentes sur la fonctionnalité des petits cours d’eau et leur relations avec les rivières principales, montrent sur le plan de la connectivité et de la dégradation de physique de l’habitat, de nombreux problèmes. Ils sont souvent liés à des passages busés infranchissables, et à la destruction du lit et des berges par le sur-piétinement du bétail. Ainsi sur trois bassins (Cure Amont, Yonne Amont, Cousin amont), 40 % du linéaire de petits ruisseaux ne sont plus fonctionnels pour la reproduction de la Truite fario.


Un réseau hydrographique dense et de qualité

Le relief, la pluviosité, l'absence d'infiltration des eaux en profondeur, déterminent un réseau hydrographique dense et complexe ; les quelques vallées principales sont alimentées par une multitude de petits cours d'eau.
La couverture d’altération des roches cristallines du Morvan est formées de sables quartzeux à matrice plus ou moins argileuses (arène). Elle renferme des nappes de faibles puissance (quelques mètres), donnant naissance à des sources nombreuses, les « mouillères » ou à des suintements diffus, favorisant ainsi l'existence d'importantes zones humides (tourbières, prairies humides...).
L’eau est partout, mais en petite quantité, ce qui a favorisé un habitat dispersé. Elle est acide, peu chargée en sels (eau douce) et de bonne qualité bactériologiques. Les pollutions chimiques sont peu importantes, compte tenu de la faible densité de population et de prédominance de l’élevage.

Les rivières et petits cours d'eau rapides : des eaux vives (milieux lotiques)

Le Morvan participe à l'alimentation de deux bassins versants, celui de la Seine et celui de la Loire. Au nord et à l'est, une série de rivières convergent vers le bassin parisien, les principales étant l'Yonne et la Cure. Au sud le bassin de la Loire est alimenté par les diverses vallées confluant vers l'Arroux et l'Aron.

Les étangs et les lacs : des eaux calmes et dormantes (milieux lentiques)

Le Morvan est caractérisé par la présence de nombreux étangs. Ils sont tous artificiels et pour la plupart créés sur le lit mineur des cours d'eau. Une grande partie d'entre eux doit son origine au flottage du bois commencé au XVII° siècle ; cependant, depuis une soixantaine d'années, de nombreux petits plans d'eau ont été créés pour le loisir.

Le Morvan possède également six grands « lacs » artificiels :

  • Le lac des Settons (320 ha, ancien lac de flottage et utilisé actuellement pour les loisirs) ;
  • Le lac de Pannecière (520 ha, construit pour la régulation des eaux de la Seine) ;
  • Le lac de Chaumeçon (135 ha, production électrique, E.D.F) ;
  • Le lac du Crescent (165 ha, production électrique, E.D.F) ;
  • Le lac de Saint-Agnan (142 ha, alimentation en eau potable) ;
  • Le lac de Chamboux (75 ha, alimentation en eau potable).

ZOOM SUR QUATRE ESPECES EMBLEMATIQUES

Lamproie de Planer (lampetra planeri)
Espèce de l’annexe II de la Directive Européenne Habitats-Faune-Flore vivant dans les cours d'eau de tête de bassin riches en sable et en limon. Elle est sensible aux activités de l’homme (pollution, travux hydraulique).
Elle n’est pas rare en Morvan, mais ne fréquente pas tous les cours d’eau.

Le Chabot (Cottus gobio)
Espèce de l’annexe II de la Directive Européenne Habitats-Faune-Flore vivant dans les cours d’eau de tête de bassin.
Il aime les eaux fraîches et turbulentes et passe une grande partie de la journée sous les pierres du fond : Très fréquent dans les rivières du Morvan, il n'est pas en danger, mais localement les pollutions et les travaux hydrauliques entraînent sa disparition.

La Truite Commune (Salmo trutta fario)
C’est l’espèce emblématique du Morvan. Elle fréquente tous les cours d’eau. Elle semble actuellement menacée au niveau de l'abondance en raison d'une baisse de qualité des milieux (pollution, réchauffement) et de problèmes d’obstacles à son déplacement.


La Lamproie Marine (Petromyzon marinus)
L’une des dernières espèces de grands migrateurs fréquentant encore le Morvan avec l’anguille. La Lamproie Marine remonte dans le Morvan par la Loire jusque dans les basses vallées du Méchet et de la Celle pour se reproduire sur des zones où on espère aussi voir un jour revenir le Saumon Atlantique.
Cette espèce largement répandue en France en 1900 voit à présent son aire de colonisation fortement morcelée par les barrages et l’altération de la qualité de son milieu de reproduction.

Parc naturel régional du Morvan, Maison du parc 58230 SAINT-BRISSON - Tél : 03.86.78.79.00